Retour sur l’expédition de la Délégation jeunesse

Retour sur l’expédition de la Délégation jeunesse


 

Rédigé par Hadrien Espiard, Coordonnateur AquaHacking.

Le vendredi 21 juin, au moment où les Canadiens étaient nombreux à prendre d’assaut les lacs et les rivières du pays pour le week-end, un groupe petit mais très engagé se rendait à Turkey Point, en Ontario, afin de participer à la protection et à la restauration du lac Érié, l’un des célèbres Grands Lacs. L’eau fait partie intégrante de l’identité nord-américaine, particulièrement dans la région des Grands Lacs. Cependant, le maintien de plans d’eau en santé n’a pas toujours trôné en tête des priorités des Canadiens ni des Américains. Pendant des décennies, des eaux de ruissellement chargées de phosphore ont infiltré le lac Érié et déstabilisé cet écosystème déjà fragile : les algues qui se nourrissent de ce phosphore ont d’ailleurs largement proliféré. Certaines de ces algues deviennent toxiques lorsqu’elles pourrissent, ce qui affecte directement la qualité de l’eau du lac, tandis que d’autres types d’organismes recouvrent la surface d’une bouillie verte à l’odeur infecte. De toute évidence, il s’agit d’un problème grave, auquel aucune solution satisfaisante n’avait été trouvée jusqu’à présent. C’est ce qui a incité les douze membres de la Délégation jeunesse, et une poignée d’autres invités pleins de ressources, à se réunir et à brasser des idées sur les berges du lac Érié.

Trois de ces délégués venaient des États-Unis, car il était nécessaire d’avoir des représentants de tous les bassins versants autour du lac – la conservation de l’eau n’est pas un enjeu purement national, et l’eau ne connaît pas de frontières : c’est ce que la délégation a voulu refléter. Deux autres membres venaient de communautés des Premières Nations vivant dans le secteur du lac Érié. Ils étaient là pour témoigner de l’histoire du lac et faire comprendre en quoi il représente pour eux un symbole de culture, de subsistance et de vie depuis des millénaires. Un autre délégué était du Québec, dans l’optique de réunir les éléments trop souvent divisés du Canada. Enfin, les derniers délégués venaient de l’Ontario et, par le fait même, entretenaient déjà un lien avec le lac et ses environs.

Le nom « Délégation jeunesse » renvoie à une équipe cohérente, déterminée à préserver le lac. Cette cohésion, la délégation la doit à l’équipe de Waterlution, qui a réussi dès les premières heures à mettre tout le monde à l’aise et à instaurer un climat de partage – merci à Dona et à Kirsty! Ce groupe nouvellement formé n’a pas chômé : en l’espace de deux jours, il a eu l’occasion de rencontrer un représentant du gouvernement de l’Ontario, des spécialistes des politiques environnementales, un juriste professionnel de l’Association canadienne du droit de l’environnement, un agriculteur qui collabore avec l’ALUS en vue de réduire les eaux de ruissellement phosphoreuses provenant des exploitations agricoles, et beaucoup d’autres intervenants. Les délégués ont également visité une ferme et vu les algues qui pullulent dans son étang en raison de la pollution au phosphore provenant des champs de maïs et de soja avoisinants. Ils ont échangé avec des membres des Premières Nations, qui leur ont raconté qu’il y a 50 ans, la rivière Grand était suffisamment propre pour qu’on puisse s’y baigner, puis ils ont conclu leur week-end en marchant sur les rives du lac Érié.  

Au cours de cette période, les membres de la délégation ont en quelque sorte établi un lien avec ce plan d’eau qu’ils étudiaient depuis déjà un certain temps – ils voulaient ainsi passer à l’action, partager les fruits de leurs observations et amener les gens à se préoccuper de ce qui se passe dans leur cour. Cette expérience a permis aux délégués de différents horizons de combler les lacunes dans leurs connaissances et d’avoir une vue d’ensemble des enjeux auxquels le lac est confronté. C’est précisément ce qui manquait au débat. Cette expédition aura permis d’aboutir à une solution, fondée sur un éventail d’idées plutôt que sur un point de vue unique. Lorsque les membres de la délégation se sont assis autour de la table pour discuter d’une solution, leurs opinions reflétaient l’étendue de leur expérience – il fallait tenir compte des agriculteurs, prendre en considération les organismes qui militent déjà autour du lac et, surtout, mobiliser les riverains. Voilà comment, après deux jours de travail d’équipe et de sérieuse réflexion, la Délégation jeunesse est parvenue à établir une approche globale, axée sur la technologie, qu’elle dévoilera et dont elle fera la démonstration lors du Sommet AquaHacking de 2017. Les membres de l’équipe ont puisé des informations dans d’innombrables sources, les ont traitées efficacement dans leur « cerveau collectif » et ont envisagé une quantité impressionnante de possibilités avant d’arrêter leur choix sur une solution véritablement « panoptique ».

Pour un aperçu photo de l'exp-édition de la délégation jeunesse, cliquez ici.

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